• Une campagne :
  • Association Végétarienne de France
  • L214
accueil > Documentation > Exemples de réalisation > A Gand, c’est Donderdag Veggiedag
« février 2012 »
L M M J V S D
30 31 1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 1 2 3 4
 

A Gand, c’est Donderdag Veggiedag

Selon la FAO, le bétail est responsable de 18 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. C’est la raison pour laquelle les responsables de la ville, en coopération avec l’association végétarienne EVA, ont décidé d’aller plus loin dans notre bataille commune contre le changement climatique. D’autres villes belges ont déjà fait part de leur intérêt à suivre l’exemple de Gand.

Le premier Jeudi végétarien a été lancé le mercredi 13 mai 2009 avec une cérémonie publique. Tom Balthazar, conseiller de la ville pour la santé l’environnement, a officiellement proclamé que les jeudis seront des journées végétariennes.

En avant-première de cette campagne, le conseil de la ville a déjà eu l’occasion de déguster un déjeuner végétarien gastronomique à l’hôtel de ville la semaine dernière. Lors de l’inauguration officielle, chacun a été invité à participer à la campagne du Jeudi sans viande, et des sachets de friandises végétariennes seront remis à tous ceux qui participent à cette campagne. Aujourd’hui, les écoles de la ville servent des déjeuners végétariens par défaut les jeudis.

Les 5 000 membres du personnel de la ville ont reçu un plan végétarien gratuit de la ville et une brochure gratuite sur la cuisine végétarienne est envoyée aux professionnels des 1 500 restaurants. Il y a des cours de cuisine pour les professionnels et les particuliers. Les restaurants gérés par la ville pour le personnel de Gand ont développé leur carte végétarienne.

La motivation de Gand, avec l’introduction des « jeudis sans viande », comporte deux volets :

- Toute réduction de la production et de la consommation de viande, qui entraînent des émissions de gaz à effet de serre et la dégradation des sols, de l’eau et de l’air, la désertification et la déforestation, apportera des avantages considérables pour l’environnement.

   
- Gand veut aussi être une ville en bonne santé. Non seulement un repas végétarien bien équilibré est soutenable, mais il est aussi sain. Les Belges, et les Européens en général, mangent trop de viande et pas assez de légumes, ce qui a des conséquences graves sur leur santé. Une trop grande consommation de viande fait augmenter le taux de cholestérol ainsi que le risque d’avoir certains cancers, du diabète, et d’être obèse.

En participant au Jeudi sans viande, nous pouvons faire le choix de la santé : la nôtre et celle de notre planète.

Qu’est ce que c’est et pourquoi ?

Traduction de la page à partir du flamand.

NOTE : « Donderdag » signifie « jeudi » et « Veggiedag » signifie… « jour végétarien »]

Donderdag Veggiedag est une campagne qui veut vous inciter à manger végétarien, au moins une fois par semaine. Un jour de la semaine sans viande ni poisson, mais plein de fruits et légumes. Un jour végétarien le jeudi. Le jeudi devient le ‘jour sans’. Le ‘jour santé’.

Donderdag Veggiedag est une campagne de EVA, l’organisme qui informe le public sur l’alimentation végétarienne. EVA est soutenue dans cette campagne par Alpro Soya.

Pourquoi devriez-vous y participer ? Il existe un tas de bonnes raisons de manger moins de viande :

  • Pour la santé : Les Belges ne mangent pas assez de fruits et légumes, et beaucoup trop de viande et autres produits d’origine animale. Manger sain et végétarien signifie moins de graisses animales et de cholestérol, plus de fibres, plus de fruits et légumes. Une consommation trop importante de viande augmente vos chances de développer des maladies cardiovasculaires, certains cancers, l’obésité et le diabète.
  • Pour l’environnement : Le bétail est responsable de nombreuses conséquences néfastes pour l’environnement. Ainsi, 18% des gaz à effet de serre sont à imputer au bétail – c’est plus encore que la circulation et le transport.
  • Pour les animaux : En Belgique, chaque année, quelque 285 millions d’animaux sont tués pour l’alimentation. Sur toute sa vie, un Belge moyen mange le tiers d’un cheval, 5 boeufs et veaux, 7 moutons et chèvres, 24 lapins et gibier, 42 porcs, 43 dindons et autres volailles, 789 poissons et 891 poulets.
  • Pour les autres êtres humains : La viande est un produit inefficace. Une grande partie de la production mondiale de grains et de soja est destinés à l’alimentation des animaux, alors qu’il serait plus efficace pour ces produits d’être directement utilisé pour la consommation humaine.

Evana interroge Tobias Leenaert de l’association EVA, Belgique

Le 13 mai 2009, Tom Balthazar, échevin au conseil municipal de Gand, chargé de la santé et de l’environnement, a lancé la campagne du « Jeudi végétarien » qui a été organisée en collaboration avec l’association EVA (Ethical Vegetarian Alternative, soit Alternative végétarienne éthique). Presque immédiatement après la diffusion du communiqué de presse annonçant la journée hebdomadaire sans viande, des réactions sont parvenues du monde entier, ce que même les organisateurs n’avaient pas prévu.

 

EVANA, l’Agence presse européenne végétarienne et animale, a voulu en savoir plus sur ce formidable nouveau projet et a

demandé à Tobias des précisions sur l’historique de la campagne, sa préparation et son écho dans le monde - 15 mai 2009.


EVANA : Tobias, tout d’abord, nous voudrions vous féliciter, ainsi que votre association, pour cette réussite incroyable de la nouvelle campagne du « Jeudi végétarien ». Vous attendiez-vous à susciter autant d’intérêt dans le monde ?

TOBIAS LEENAERT : Pas du tout. Je pensais que si nous devions faire un communiqué de presse international, il fallait le faire maintenant parce que c’est quelque chose de nouveau et d’original, mais je ne m’attendais vraiment pas à tout cet intérêt.

QUESTION : Pensez-vous que cette étonnante frénésie médiatique pourrait avoir un rapport avec le fait que, partout, des gens attendent que des politiciens courageux s’engagent dans des initiatives sans viande ? Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les réactions ?

RÉPONSE : Nous savons que la prise de conscience des gens sur les questions relatives à la viande (et en particulier l’impact sur le réchauffement climatique) augmente et oui, peut-être que nombre d’entre eux ont compris qu’il fallait que quelque chose de vraiment sérieux se produise, et cela ne peut être accéléré qu’avec un certain courage politique.

Les réactions que nous recevons sont extraordinaires. Ce n’est pas seulement l’attention de la presse mondiale, mais aussi les félicitations de groupes et de personnes du monde entier. Les gens disent qu’ils ont envie de reprendre cette idée, et c’est vraiment ce que nous voulions faire avec le communiqué de presse. Je pense que c’est formidable d’avoir pu montrer qu’une telle initiative est possible, et ce précédent facilitera la tâche d’autres groupes et d’autres villes qui voudraient faire la même chose.

  QUESTION : Comment le projet est-il né ? Qui a eu l’idée ? Combien de temps a duré la phase de préparation ?

RÉPONSE : Notre campagne Thursday Meatout (jeudi sans viande) existe depuis un an et demi maintenant. Nous sommes arrivés à l’idée d’une journée hebdomadaire sans viande par nous-mêmes je pense, mais ensuite, nous avons constaté qu’il existait déjà des lundis sans viande aux États-Unis.

  QUESTION : Comment avez-vous réussi à obtenir un premier contact si constructif avec la municipalité de Gand ? Y a t-il eu un intérêt officiel immédiat ou avez-vous eu beaucoup de travail pour convaincre ?

  RÉPONSE : Eh bien, ce qui a aidé, c’est que l’an dernier, nous avons persuadé le président du GIEC, Rajendra Pachauri, de venir à Gand (nous lui avons simplement demandé, si vous voulez savoir comment nous avons fait), où il a parlé pour la toute première fois dans le détail de la viande et du réchauffement climatique. Tom Balthazar, l’échevin en charge de l’environnement, était présent et il était encore plus convaincu après cela. Nous avons pris contact avec deux personnes de son équipe, qui étaient aussi enthousiastes, et nous leur avons suggéré de demander à Balthazar s’il serait prêt à proclamer officiellement les jeudis jours végétariens. Nous sommes également fiers de dire que M. Pachauri a été inspiré par notre idée d’un jour végétarien et qu’il répand la bonne nouvelle dans le monde.

  QUESTION : Mais peut-être certains des hommes politiques étaient déjà végétariens, ce qui a aidé à mettre sur pied cette coopération constructive ?

RÉPONSE : Pas du tout. Toutefois, Gand est une ville très accueillante pour les végétariens. Nous avons 13 restaurants végétariens pour une population de 240 000 habitants, ce qui est bien mieux que n’importe quelle ville occidentale que je connaisse.

QUESTION : Vos partenaires politiques sont-ils principalement issus du secteur de la santé publique ou bien avez-vous impliqué des spécialistes de l’écologie ?  

RÉPONSE : Tom Baltazar, l’échevin, est en charge des quatre domaines que nous désignons généralement comme les quatre bonnes raisons de devenir végétarien : santé, environnement, bien-être animal et relations Nord-Sud. Donc, c’est lui qu’il nous fallait atteindre.

  QUESTION : Un journal allemand a déclaré Gand « capitale des végétariens ». Vos responsables locaux doivent être heureux de ce genre d’action de relations publiques pour leur ville ?

  RÉPONSE : Oui, ils ont l’air vraiment ravis. En fait, je viens d’entendre le maire à la radio et il a prétendu que la campagne faisait partie de son grand projet marketing pour la ville :-)

  QUESTION : Avez-vous prévu quelque chose pour les touristes végétariens qui veulent participer aux jeudis sans viande de Gand ?

RÉPONSE : J’espère qu’ils pourront lire notre carte des restaurants végétariens de la ville en néerlandais. Cela ne devrait pas être bien difficile. Mais ils peuvent aussi nous contacter.

  QUESTION : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la « capitale végétarienne » ? Comment cette incroyable variété de magasins et lieux de restauration végétariens s’est-elle produite ?

  RÉPONSE : En fait, je ne sais vraiment pas. Mais nous sommes dans une ville progressiste, avec énormément d’étudiants.

QUESTION : Quelles sont les villes qui ont demandé des renseignements pour mettre elles aussi en place des jours sans viande ?  

RÉPONSE : En Belgique, il y en a deux pour l’instant (Hasselt et Merelbeke). Les Verts ont fait une proposition pour Louvain. Nous avons reçu des mails d’Allemands, de Animal Aid et de Peta UK qui voulaient davantage d’informations car ils ont leurs propres projets.

  QUESTION : Quel est votre conseil pour une association végétarienne qui voudrait suivre l’exemple d’EVA afin d’établir des contacts décisifs avec les décideurs ?

  RÉPONSE : d’un autre côté, il faut que l’association soit crédible. Je pense que nous sommes aussi la seule association végétarienne du monde dont la structure est financée par le gouvernement (nous avons commencé comme une association de bénévoles et avons obtenu des subventions plus tard – mais attention, nous sommes totalement indépendants). Nous avons travaillé pendant des années à nous constituer une image crédible et professionnelle. Cela aide de ne pas être une association pour les droits des animaux, car les associations et institutions traditionnelles sont plus susceptibles d’être intéressées par les arguments de la santé et de l’environnement.

  QUESTION : EVA travaille-t-elle ailleurs dans le pays ? Sinon, avez-vous des projets pour élargir sa portée de façon à ce que des dispositions similaires puissent être prises dans d’autres régions belges ?

  RÉPONSE : Certainement, nous voulons étendre notre portée et faire en sorte d’impliquer autant de villes que possible. Et qui sait, peut-être aurons-nous une journée végétarienne hebdomadaire au niveau national un jour. Pour l’instant, nous travaillons en Flandre (partie de langue flamande de la Belgique).

  EVANA : Tobias, à EVANA, nous croisons les doigts pour que cette formidable initiative s’épanouisse et se répande dans les années à venir, et je vous remercie beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.